Les Chroniques d'Arslan

Titre : Les Chroniques d’Arslân
Réalisateur : Noriyuki Abe
Scénariste : Makoto Uez
Studio : Liden Film, Sanzigen
Année de production : 2015
Format : 25 épisodes
Arslan Senki a tout d’abord été une série de Roman de Yoshiki Tanaka (toujours en cours au Japon).
Elle fut adaptée une première fois en 1991, en mangas (13 volumes, dessinés par Chisato Nakamura, inédit en France) puis en film d’animation (2 films) et OAV (2 OAVs).
Les Chroniques d’Arslân de 2015 est une adaptation du manga dessiné par Hiromu Arakawa (publié chez Kurokawa en France).
Une saison 2 est en cours chez wakanim

Résumé : An 317 du calendrier Parse. Le royaume de Lusitania tente d’envahir les royaumes voisins pour imposer leur Dieu. Arslân, prince du royaume de Parse, voit son père, le roi Andragoras III revenir victorieux de cette guerre et, malgré son physique fragile, espère pouvoir faire ses preuves comme combattant lorsqu’il rejoindra l’armé à son tour.
Trois ans plus tard, Lusitania relance l’offensive contre le royaume de Parse après avoir vaincu leurs alliés. Arslân va donc livrer sa première bataille au sein des troupes de son père. Mais les troupes du Royaume de Parse tombe dans une embuscade dans les plaines d’Atropatènes. La majorité des troupes sont tués, le roi est fait prisonnier et le roi Lusitanien est installé sur le trône Parse.
Commence alors la quête d’Arslân, accompagné d’une troupe constituée d’élément à la fois fidèle et particulier, pour reprendre la capitale de son royaume.

Avis : Lorsque j’ai commencé Arslan, je dois avouer que je n’étais pas vraiment convaincu. Cela peut paraitre étrange vu mon affection pour la série des Gundam, mais je n’ai pas un amour fou pour les films et séries de guerre en général. Pourtant, j’ai commencé, dès l’épisode trois, à apprécier cette série qui, bien qu’étant truffé de batailles, laisse plus de place à la réflexion qu’aux effusions de sang. Contrairement à beaucoup de séries (Gundam compris d’ailleurs), il ne s’agit pas ici de foncer pour anéantir l’adversaire. Les combats sont pensés et la guerre se joue presque plus entre les stratèges de chaque armé qu’entre les soldats eux-mêmes (même si ce sont finalement eux qui payent les pots cassés).

Il m’a fallu beaucoup plus de temps pour apprécier le personnage d’Arslan. Je trouve Farangis fantastique, Ghib me fait beaucoup rire, Daryun et Narsus ont la classe et j’adore tout particulièrement Elam. En revanche, j’ai longtemps trouvé Arslan très fade. Quelque part, c’était injuste de ma part. Son royaume vient de s’effondrer, il ne sait pas si ses parents sont en vie et plein de types veulent l’assassiner juste parce qu’il est prince, on peut comprendre qu’il soit légèrement dépassé par les évènements. Mais son côté peu sûr de lui m’a très rapidement agacé, de même que sa profonde gentillesse, parfois à la limite de la naïveté. La gentillesse d’Arslan, c’est un élément essentiel du personnage, c’est ça qui fait que les gens se regroupent autour de lui. Pourtant, parfois, ça m’a juste donné envie de lui mettre des claque. Arslan, si quelqu’un tente de te tuer, tu réagis ! Tu n’empêches tes amis de les attaquer et surtout, tu ne demandes pas « pourquoi » à tout bout de champ. Et c’est tout particulièrement le cas avec le personnage d’Etoile (mais développer plus risque de devenir du spoil donc je vais m’arrêter là pour le moment).

Autrement, les personnages alliés sont tous assez sympathiques mais, et même si j’ai trouvé les personnages ennemis très bien fait, j’aurais juste une remarque à leur sujet : ils sont parfois tellement méchants que ça en devient caricatural. Passe pour Bodin, c’est un extrémiste religieux, ils sont rarement doux et gentils mais beaucoup des personnages principaux du camp adverse sont « méchants ». Normalement, à la guerre, on défend une idéologie. C’est ce que j’appréciais notamment dans Code Geass ou G no reconquista. Il n’y avait pas de « méchant » ou de « gentil », chacun se battait pour ce qu’il pensait être juste. Là, Le Masque d’Argent et le frère du roi de Lusitania font le mal … pour faire le mal on dirait. Alors, oui, il y a l’idée de la vengeance chez le Masque d’Argent, mais il y a d’autres moyens de se venger d’un homme que d’en tuer des millions … Heureusement, cette impression que j’ai eu est contrebalancé par les hommes de main, généralement plus équilibrés. Et Innocentius qui est juste … un enfant ? …

Pour rester dans les points que je n’ai pas aimés, je vais maintenant parlé des combats. Ces combats … Les scènes de batailles sont franchement fantastiques. L’animation est belle, contrairement à certaines séries, il n’y a pas qu’un seul camp qui morfle, c’est plutôt équilibré sur ce point. Et pourtant, il y a eu des moments où j’ai eu envie d’hurler en les regardants, parce que certains alliés de Arslan était tellement immortel que ça en devenait presque risible. Je veux bien que Daryun soit un soldat tellement reconnu que son seul nom fait peur, mais de là à se débarrasser seul d’une centaine de soldats, pourtant probablement entrainé, vu qu’ils sont l’escorte du Masque d’Argent … ça ne passe pas. Surtout quand c’est pour, par la suite, le voir buter sur un type dont on n’avait jamais entendu parler avant.

/!\SPOILER/!\ Dans le genre, et pour aller plus loin dans la série, il y a également la scène dans l’épisode 24 où Farangis se promène tranquillement au milieu d’une pluie de flèches, alors que, derrière, les boucliers des soldats Parses se transforment en hérisson. Je veux bien qu’elle soit protéger par je ne sais quelle magie, mais tout de même, j’ai trouvé que c’était un peu trop. /!\SPOILER END/!\

De manière générale, j’ai trouvé que le recours à la magie était assez mal utilisé. Déjà, on tombe dans la fantasy comme on tomberait dans les escaliers, d’un coup. On nous a plusieurs fois parlé de magie dans les premiers épisodes, mais c’était très théorique. Et là, d’un coup, au cours d’un combat, on voit un mage noir sortir du sol pour essayer de tuer Arslan. Ça m’a, honnêtement, laissé perplexe. Autant je trouvais que la capacité de Farangis de parler avec les Djinn était une bonne idée, autant cette apparition soudaine m’a refroidi. Si on avait eu de manière plus appuyé dès le début des allusions à la magie, ça ne m’aurait sans doute pas choqué, mais là, j’avoue que je n’ai pas compris.

Et avant de passer à de meilleures choses, un dernier détail (tout petit et tout bête) m’a embêté : les génériques. De manière générale, la bande son d’Arslan m’a paru formidable. Je n’ai pas en tête de thème qui m’aurait particulièrement marquée mais je n’en ai relevé aucun qui n’avait pas sa place dans l’anime. Aucun, sauf, les génériques (allez, à la limite, j’ai trouvé l’ending 1 plutôt dans le thème). J’adore ces génériques, en particuliers ceux de la première moitié. Mais je les ai trouvé aussi cohérant que si on avait remplacé l’opening de Natsume Yuujinchou par celui d’Evangelion. Il y avait bien le côté épique (et encore, peut-être pas assez marqué à mon goût), en revanche il manquait la dimension guerre de succession et guerre de religion. Après, sur ce point, j’avoue ne pas forcément être totalement calé et je peux me tromper.

Maintenant que j’ai bien descendu Arslan, pourquoi est-ce que j’ai adoré cette série ? Parce que les personnages secondaires (j’entends par là Ghib, Elam, Farangis et tous ceux qui rejoigne Arslan dans la deuxième moitié et dont on connait le nom) sont fantastiques. Bien que très bons, ils ne sont pas invincibles mais ils n’en sont pas moyens braves et loyaux.

J’ai aimé parce qu’il s’agit d’un véritable rite initiatique dans lequel le personnage principal grandi et progresse. /!\SPOILER/!\ Pour revenir à ce que je disais tout à l’heure, j’ai commencé à apprécier Arslan au moment où il décide de prendre son destin en main et que, même s’il n’est pas réellement de sang royal, il ne laissera pas le trône de Parse à Hermes. /!\SPOILER END/!\ Il m’est souvent arrivé de trouver qu’on nous faisait manger beaucoup trop de rite initiatique, mais pour le coup, j’ai trouvé celui-ci bien mis en scène, avec une progression visible mais pas non plus irréaliste (et Arslan ne change pas du tout au tout, il reste lui-même, tout en progressant).

J’ai aimé car, avec le personnage de Arslan, on entend un message dont on a encore et toujours besoin : ce n’est pas parce qu’on est différent ou qu’on ne vénère pas les mêmes Dieux qu’on ne peut pas s’entendre. (Quoi qu’il me semble que c’est Farangis qui dit cela, et pas Arslan.

Verdic, une bonne série. Pas l’anime du siècle, mais une bonne série.

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