COY – Crush in you

Titre : COY – Crush in you
Mangaka : Lee Kyung Ha
Nombre de tomes : 5 tomes
En France, la série a été stoppé au troisième volume.
Éditeur, Corée : Haksan publishing co.
Éditeur, France : Parquet

Résumé : Seung Hon et Woo Sun sont deux adolescents qui ne croient pas vraiment à l’amour. Mais quand ils rencontrent Jongyi, Seung Hun est persuadé d’avoir trouvé la femme parfaite alors que Woo Sun est sûre d’être face à l’homme parfait …

Avis : Pour ceux qui parleraient aussi bien anglais que ma sœur, Crush est une expression signifiant « avoir le béguin », qu’on utilise souvent pour parler d’un coup de foudre, d’un premier amour.

Et c’est exactement de cela qu’il s’agit dans cette histoire. De personne qui, par un coup de foudre, vont petit à petit vivre leur premier grand amour, leur premier véritable amour.

Il est très rare que j’achète des manwha. Pas que je n’aime pas les coréens, ce sont des gens très agréables qui font une cuisine pas immonde. C’est juste que j’ai tellement de mal à visualiser et à écrire les prénoms coréens que la lecture me frustre automatiquement et que j’ai alors beaucoup plus de mal à entrer dans l’histoire. C’est stupide, je sais, mais je n’arrive pas à aller contre.

Pourtant, lorsque j’ai feuilleté un peu ce manwha dans ma petite boutique, j’en suis tombé amoureux. Je me fichais de savoir que je n’arrivais pas à prononcer le nom des personnages ou que j’étais incapable de dire si le bonhomme sur la couverture était un garçon ou une fille. Les dessins étaient magnifiques, le résumé derrière le dernier tome laissait présager un triangle amoureux des plus palpitants et les mimiques du petit blond étaient juste adorables. Dans ces moments-là, je laisse mon instinct décider de la marche à suivre.

Et il a rarement tord puisque, une fois de plus, je me suis régalé durant toute ma lecture, retenant par moment quelques larmes qui sortaient d’on ne sait pas trop où.

L’histoire est effet beaucoup plus sérieuse qu’elle n’en a l’air au premier abord et si le fond est bien de savoir qui réussira à conquérir le cœur de Jongyi, cela ne se fera qu’en explorant les côtés les plus sombres de la vie de certains personnages et notamment le passé de Jongyi afin de tenter de comprendre son comportement enfantin. J’ai toujours dit que les personnes les plus souriantes étaient celles qui souffraient le plus et ce n’est pas notre petit blond androgyne qui me donnera tord je pense.

L’histoire est bien rodée, j’ai eu peur un instant que l’on bâcle le « final » entre Jongyi et sa mère biologique au profit d’une possible relation amoureuse mais j’ai été ravi de voir que ça n’a pas été le cas. Si on peut trouver la façon dont Jongyi réglera une fois pour toute son « différent » avec sa mère biologique un peu précipité, en y regardant de plus près on comprend que ça ne valait pas le coup de s’y attardait plus longtemps et que la facile rapide et stricte dont cette page de sa vie a été tournée était probablement la meilleure façon d’achever ce morceau de l’intrigue.

Mais ce que j’ai le plus aimé dans COY, et cela pourra surprendre ceux qui ont l’habitude de discuter avec moi de mangas, c’est la façon dont sont traités les sentiments amoureux. On n’est pas dans un monde tout rose comme c’est bien trop souvent le cas et on nous met plutôt face à une réalité qui fait mal : l’amour, c’est douloureux.

Que ce soit lorsqu’on se fait manipuler, lorsqu’on se fait rejeter ou lorsqu’on ne comprend pas son partenaire, l’amour est un sentiment beaucoup plus douloureux que l’on a l’habitude de nous le faire croire. Les deux protagonistes, Seung Hon et Woo Sun, sont face à leur premier véritable amour et le fait qu’ils soient constamment en compétition ne fait qu’amplifier la douleur puisque chaque fois que l’un des deux réussis, l’autre éprouvera immanquablement de la tristesse. On peut se sentir mal à l’aise face à cela, surtout en pensant qu’en amour, au final, c’est bien souvent comme cela que ça fonctionne.

L’éveil à l’amour de Jongyi et sa peur des paroles, qui traduisent au fond une réalité que l’on a tous du mal à accepter, de sa mère biologique permet de bien mettre cela en lumière. Jongyi est amoureux mais il ne peut s’empêcher d’éviter la personne qu’il aime par peur ce qui donne bien sûr à cette dernière l’impression qu’il l’évite.

/!\SPOILER/!\ Cette peur est d’ailleurs amplifiée par les sentiments très fort qu’il y avait entre Yuri et lui et qui ont brutalement disparu du côté de la jeune fille après sa disparition. Les sentiments finissent par changer et lorsqu’on aime, on ne veut pas que ça arrive, on a peur de ça et on essaye de ne pas y penser. Mais Jongyi qui a toujours été confronté et hanté aux paroles de sa mère n’arrive pas à fuir cette réalité qu’on ignore tous au moment où on avoue nos sentiments.

J’ai également trouvé intéressant qu’on ne s’attarde pas plus que nécessaire à la réaction des gens face à la relation entre Seung Hon et Jongyi. Habituellement je suis le premier à apprécier les chapitres qui montrent la difficulté d’accepter ses sentiments et surtout de les faire accepter à ses proches, mais ici, j’aurais trouvé que c’était de trop. Le peu que l’on s’attarde sur l’homosexualité de la relation était suffisant à mon goût, même s’il pouvait donner l’impression qu’on vit un peu dans un mon bisounours. Ici on faisait depuis le début passer les sentiments amoureux au premier plan, rien ne nous dit qu’il n’y a pas eu des réactions après mais pour le moment ça suffit. /!\ SPOILER END/!\

Je ne vous cacherais pas bien sûr que certains personnages féminins m’ont vraiment tapé sur le système. Woo Sun en première, avec ses tours pour obtenir les faveurs de Jongyi, pas toujours très réglo (le coup du cinéma est assez détestable, surtout dans la mesure où elle s’invite à la base), mais également Yuri qui a souvent l’air de porter sur ses frêles épaules tous les malheurs du monde. Au début, je me sentais mal pour elle et je la trouvais touchante mais au fur et à mesure, elle m’a juste prise la tête. Jongyi est bien sûr en partie responsable de ce qu’elle vit mais elle a choisi seule de souffrir de cette façon alors que lui aurait préféré qu’elle s’ouvre à lui comme l’a fait Seung Hon. Qu’il ait une part de responsabilité dans son malheur, okay. Mais qu’elle lui mette tout sur le dos quand ça l’arrange ça m’énerve. Sans compter qu’elle m’a bien énervé à essayer de saborder le couple déjà pas bien doué qui venait de se former.  Si elle l’aime encore, qu’elle l’assume mais là c’est crevant. On dirait une grande sœur trop protectrice. Mais VRAIMENT trop protectrice.

Enfin … j’ai survécu à ce détail et j’ai vraiment apprécié ma lecture. Quand on arrive à accepter leurs défauts, les personnages sont attachants et l’histoire vraiment touchante. La tristesse des personnages, leur solitude aussi, m’ont tiré quelques larmes que je ne regrette pas d’avoir versé et il est agréable de voir une œuvre où l’amour ne semble pas facile.

Un manga que je recommande à tout le monde (sauf peut-être au mordu d’action, ils risqueraient de s’ennuyer).

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site