Kiznaiver

Titre : Kiznaiver
Réalisateur : Hiroshi Kobayashi
Scénariste : Mari Okada
Studio : Trigger
Année de production : 2016
Format : Une saison de 12 épisodes.
En France, l’anime est diffusé par Wakanim.
L’anime a donné lieu à une adaptation en manga (inédite en France).

Résumé : Katsuhira Agata est un lycéen dont la particularité est de ne pas ressentir la douleur. A cause de cela, il a tendance à ne pas se défendre lorsqu’il est attaqué et se retrouve donc la cible idéale de racketteurs de son école, ce qui cause beaucoup de soucis à son amie d’enfance, Chidori.
Un jour, après avoir été protégé par Tenga, il est kidnappé par Sonozaki, une camarade de classe mystérieuse, tout comme cinq de ses camarades, dont Chidori et Tenga. Sonozaki leur apprend qu’ils sont désormais liés par le système Kizuna et qu’à partir de maintenant, la douleur de l’un sera partagé par l’ensemble de l’équipe.

Avis : J’avoue avoir été plutôt septique en lisant le résumé, en encore plus pendant une bonne partie de l’épisode. Même si la deuxième moitié de l’anime (environ à partir du moment où le passé de Maki est révélé je dirais) est intéressante, j’aurais beaucoup de mal à dire que Kiznaiver m’a plu. Ça n’a pas été une véritable torture à regarder, mais j’avoue avoir dû me motiver plusieurs minutes chaque semaine avant de me lancer l’épisode.

Tout d’abord, les premiers épisodes de Kiznaiver sont très lents. Je peux comprendre qu’il faille du temps pour installer le contexte, surtout que le projet est assez complexe et que les personnages n’ont au début, pas vraiment de lien, mais je me suis pas mal ennuyé dans les premiers épisodes. C’est uniquement à partir de l’épisode 5, si mes souvenirs sont bons, que j’ai vraiment eu l’impression que les choses commençaient et que l’action avançait, ce qui est assez gênant lorsque l’on pense qu’à ce moment-là, on est déjà presque à la moitié. Dans une série de vingt-six épisodes, attendre cinq, voir même six ou sept épisodes avant que l’histoire ne commence vraiment ne me dérange pas, mais lorsqu’il n’y a que douze épisodes, je trouve ça un peu longuet.

Conséquence directe du point précédent, j’ai trouvé la fin vraiment précipité. Si l’histoire a, à mon sens, mis longtemps à démarrer, par la suite tout se déroule beaucoup trop vite, notamment les derniers épisodes. Que ce soit sur les histoires de cœur (j’y reviendrais plus tard) ou l’histoire du Kizuna, j’ai trouvé que tout allait beaucoup trop vite. Toutes les révélations arrivent d’un seul coup, les personnages découvrent tout en moins de dix minutes alors que ça fait un mois qu’ils cherchent des réponses, comme si on avait rappelé au studio « heu, il ne reste que cinq épisodes les gars en fait … » Il ne s’agit sans doute que de mon impression (je n’ai pas vu tant de monde que ça se plaindre) mais c’est vrai qu’après quasiment cinq épisodes pour mettre les choses en place, j’aurais aimé qu’on s’attarde un peu plus sur le reste de l’intrigue, même si je comprends également qu’ils n’aient pas eu le temps.

Avant de parler d’un sujet qui me tient à cœur (les histoires de cœurs) je crois qu’il faut que je m’attarde sur les personnages. Je crois que jamais, jusqu’à présent, je n’ai ressenti aussi peu d’empathie pour des personnages d’animes. En général, il y a toujours au moins deux ou trois personnages auxquels je m’identifie, à défaut de les apprécier. Ici, il n’y a pas un seul personnage auquel j’ai réussi à m’attacher. Si l’on veut chipoter, on pourra dire que j’ai trouvé Niko mignonne, avec son attitude très enfant, mais ça sera tout. Au début, je me suis dit que le côté très cliché des personnages était voulus, qu’on allait justement chasser ces clichés au fur et à mesure que les épisodes passent, lorsqu’on apprendrait à les découvrir. Au contraire, j’ai eu l’impression qu’ils s’enfonçaient un peu plus à chaque épisode. À mes yeux, les personnages d’un anime sont aussi, voire plus, important que le scénario. Ce sont souvent eux qui vont déterminer si je vais aimer ou non. Ici, ce n’est même pas qu’ils m’ont laissé de marbre, c’est qu’ils m’ont carrément tapé sur le système. À commencer par Chidori.

Le moment où j’ai vraiment eu l’impression que le sort s’acharnait sur moi et que j’avais très mal choisi quel anime choisir ce trimestre, c’est lorsque j’ai compris que les histoires de cœur serait importante. J’avoue que, lorsque j’ai lu « drama, science-fiction » comme indication de genre sur MAL, je n’ai pas pensé qu’il y aurait autant d’intrigue romantique, et autant parfois j’aime bien un peu de romance dans mes séries, autant là, c’était comme les scènes mimi-choupy entre Matt et Elektra dans la série Daredevil. Ça m’a tapé sur le système. J’avoue que voir le prof se mêler des histoires d’amour de ses élèves « pour le bien de l’expérience » m’a pas mal mis mal à l’aise (je trouve ça non seulement malsain mais surtout très impoli) mais les réactions même des personnages m’ont énervé.

/!\SPOILER/!\ Et sur le sujet, j’avoue que Chidori et Tenga ont été assez … exceptionnels. Chidori, dès le début, a été le personnage qui m’a le plus agacé. Elle est amoureuse de Katsuhira depuis le début et jusque-là, je trouve ça plutôt touchant. Qu’elle décide de ne rien faire à ce sujet est un peu agaçant mais qui suis-je pour lui jeter la pierre, sachant que c’est comme ça que j’agis également. En revanche, lorsqu’elle s’énerve après Tenga lorsqu’il lui demande une réponse, je trouve ça immonde, en plus d’être égoïste. Il n’y a rien de pire que de rester dans l’attente après avoir trouvé la force de faire une déclaration. Qu’elle l’engueule comme s’il était en faute, c’est minable. Et je ne parle pas de ses actions contradictoires lorsqu’elle réalise que Katsuhira aime Sonozaki. Et que je pleure parce que je veux qu’il me serre dans ses bras mais je le traite de salop lorsqu’il le fait. Je sais que les sentiments, c’est quelque chose de compliqué et désagréable mais là, pas étonnant que le pauvre Katsuhira n’y comprenne plus rien. Déjà que le pauvre est émotionnellement handicapé, tout ça ne l’aide pas …
Quant à Tenga … J’appréciais un peu ce personnage au début. Je trouvais sympathique qu’il vienne protéger Katsuhira, j’avais l’impression qu’il était peut-être plus qu’un faux voyou. Mais dès qu’il commence à avoir des sentiments pour Chidori, il m’a insupporté. Il passe son temps à donner des ordres à Katsuhira pour les faire tomber dans les bras l’un de l’autre et va jusqu’à engueuler le pauvre garçon quand il n’agit pas comme il voudrait. Que ce soit Chidori ou lui, je ne comprends pas qu’ils refusent à ce point d’admettre qu’on ne contrôle pas forcément ses sentiments ? Oui, Chidori aime Katsuhira. Mais est-ce que c’est pour autant une raison pour que le pauvre garçon se force à l’aimer en retour ? Je n’aime pas le personnage de Katsuhira mais je trouve que, sur ce coup, c’est quand même beaucoup lui en demander … En tout cas, il ne méritait clairement pas de se faire frapper aussi violemment juste parce qu’il ne pouvait pas rendre ses sentiments à Chidori.
/!\SPOILER END/!\

Pourtant, malgré tout ce que j’ai pu dire avant, il y a quelques bonnes idées dans Kiznaiver. Si j’étais un peu blasé sur le partage de la douleur physique, j’ai trouvé que le partage de la douleur « du cœur » était une excellente idée. J’ai été particulièrement touché lorsque l’on entend les cris du cœur des personnages, notamment Chidori, et ce malgré que je n’ai pas pu supporter une seule seconde ce personnage. Mais ce qui m’a vraiment fait mal au cœur, c’est le « laisse le moi » de Niko. Si tu ne l’aimes pas, dis-le lui et laisse le moi, les sentiments que tu n’as pas pour lui, moi, je les éprouve, alors mets-lui un râteau une fois pour toute que je puisse tenter de te remplacer dans son cœur. C’est tout simple, mais c’est ce que tout le monde pense le jour où il réalise que la personne qu’aime cette personne qu’on aime secrètement ne lui retourne pas ses sentiments. On souhaite lui dire que, nous, on sera toujours là, on ne la trahira pas. C’est l’un des seuls passages de l’anime qui m’a réellement touché.

Heureusement, le dernier épisode est plutôt sympathique et se laisse regarder plus facilement  que le reste de la série. On a enfin une sorte de résolution, et on a un point final avec un épisode assez fort en émotion, je ne lui en demandais pas plus.

Au final, donc, une série qui m’a pas mal déçu mais dont les derniers épisodes rattrapent un peu les débuts très lents.

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