A Channel

Titre : A-Channel
Producteur : Manabu Ono
Scénariste : Tatsuhiko Urahata
Studio : Studio Gokumi
Année de production : 2011

Format : 12 épisodes de 25 minutes + 11 épisodes spéciaux de 2 minutes + 2 OAV de 25 minutes.

Résumé : Tooru et Run ont toujours été les meilleures amies alors lorsque Tooru, d’un an la cadette, est admise dans le même lycée que Run, elle court lui annoncer la bonne nouvelle … sans s’attendre à trouver Run dans une position très compromettante avec une autre fille. Car un an, c’est long et Run s’est fait de nouvelles amies et même si elle n’a pas oublié Tooru, celle-ci va devoir apprendre à partager …

Avis : Je suppose que vous vous en souvenez mais, il y a quelques années sortaient Lucky Star, un slice of life sur la vie très banale de quatre lycéennes. Je ne sais pas si ça a lancé le genre ou si ça l’a juste mis en lumière, mais j’ai l’impression que les mangas de ce genre se sont multipliés. Au risque de passer pour un hérétique, je n’avais pas vraiment accroché à Lucky star et, même si les premiers épisodes m’ont vraiment amusé, j’ai rapidement été lassé par les discussions de dix minutes sur la bonne façon de manger son shortcake et les vingt-quatre épisodes m’ont semblé terriblement longs.

Au premier abord, A-Channel semble être fondu dans le même moule, les personnages ultras stéréotypés et le succès fou en moins. Pourtant, j’ai véritablement accroché à A-Channel, d’une façon qui m’a moi-même surpris. Je ne vais pas faire de cette critique une comparaison avec Lucky star, ce serait, à mon avis, profondément stupide, mais je pense que ce qui m’a plu dans A-Channel et qui m’a manqué dans Lucky Star est le côté totalement spontané des personnages. Hormis Run –personne n’est aussi tête en l’air je crois …- les personnages sont très réalistes et on s’identifie, ainsi, bien mieux aux aventures qui leur arrivent. De plus, leurs « aventures » sont généralement découpés sous formes de petits sketch de trois ou quatre minutes, ce qui évite les lourdeurs que j’avais ressenti dans Lucky Star lorsque les situations s’étendaient et qu’on avait envie de dire « on a compris, passe à autre chose ».

Le point le plus important de tout slice of life, et donc de A-Channel, bien plus que les situations mise en scène, ce sont les personnages, aussi penchons-nous un peu dessus.

Lorsque l’on regarde ce genre d’anime, on a forcément un personnage qui nous touche plus. Pour moi, ça a été Tooru. Dès sa première apparition, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver adorable cette petite fille qui surprotégeait totalement sa meilleure amie. Par la suite, Tooru n’a cessé d’être le personnage qui me plaisait le plus. Comme le dise les élèves de sa classe, elle est cool et mignonne en même temps, un mélange qu’il est assez rare de voir réussi. Car même si elle est indéniablement le personnage avec le plus de prestance (exercice assez simple en fait …), elle reste absolument adorable par énormément d’aspect de sa personnalité. Il n’y a pas, je ne me lasserais jamais des scènes kawaii de Tooru.

Ensuite vient Run, un personnage qu’on a naturellement envie de protéger. Quelque part, elle est à la fois le personnage qui m’a le plus donné envie de me frapper violemment le front contre une surface dure et de rentrer mon écran pour lui faire un énorme câlin. Je ne crois pas que l’on m’en voudra si je dis que Run est une personne naïve et, même si je doute qu’elle soit stupide, elle semble vivre de manière permanente dans un monde bien à elle qui semble tellement, tellement mieux que le nôtre.

Si je n’ai pas trouvé Yuuko et Nagi aussi attachantes, ce n’est absolument pas de leur faute et ça ne m’a pas empêché de vraiment les apprécier. Contrairement à Run et Tooru qui sont des personnages assez typiques de slice of life, Nagi et Yuuko sont des personnages typiques de lycée. J’ai eu les mêmes dans ma classe et je suis sûr que, si vous regarderez, vous penserez à d’ancien (ou présent) camarade de classe. Yuuko, c’est cette fille que l’on envie tous parce qu’elle est parfaite, et qui, pour le coup, se fait constamment titiller, son seul défaut étant, peut-être, de manquer un peu de personnalité. Nagi, c’est celle qui a plus les pieds sur terre, que l’on va voir lorsqu’on a loupé un cours ou que l’on n’a pas compris quelque chose. Celle que tout le monde traiterait sans doute d’intello si, finalement, elle n’avait pas exactement les mêmes préoccupations que les autres. Son régime devient d’ailleurs assez vite un running gag.

La force de A-Channel, c’est sans doute d’avoir réussi à ce que ses personnages secondaires soient aussi intéressants et creusés que les principaux. Ainsi, on se prend rapidement à apprécier Miporin et Yutaka et on attend tous avec impatience les scènes à l’école pour rire encore des bêtises des deux professeurs (et de l’infirmier). J’avoue, à ce sujet, m’être parfois demandé s’il n’y avait réellement que deux profs dans ce lycée tellement les autres sont invisibles. C’était assez marrant (et c’est un phénomène assez répandu. Je me souviens que Kimengumi, on voyait toujours les trois mêmes profs.).

Petit détail tout bête, mais que j’ai vraiment apprécié, on a dans chaque épisode un petit moment calme, humain, sur une musique se prêtant à la situation principale de l’épisode. C’est tout bête, mais ça permet de faire une petite coupure et c’est généralement le moment où on commence à se prendre la tête entre les deux mains et à la secouer au rythme de la musique en faisant « pourquoi est-ce que mon adolescence n’a pas été aussi formidable, s’il vous plait, dieux des mangas, offrez-moi une seconde jeunesse ». Ou bien ce n’est que moi ?
Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment apprécié ces petits break musicaux qui, loin de faire une coupure, apporte un petit plus et rentre totalement dans l’histoire.

Que dire d’autres à part que les génériques sont tous les deux excellents (j’aime tout particulièrement l’ending que je me suis écouté en boucle durant ma période « nostalgie du lycée ») et le design est absolument adorable. Je ne suis, sans aucun doute, pas objective mais je n’ai pas réussi à trouver de point négatif à cette petite série. Le fait qu’il n’y ait que douze épisodes fait que l’on ne se lasse pas de n’avoir que des petites histoires et les petits moments entre Run et Tooru, qui font battre à fond mon cœur de fan de yuri, me paraissent merveilleux.

En résumé, je dirais simplement qu’il s’agit d’un anime très simple pour les gens ne voulant pas se prendre la tête, qui nous fait voire les petits moments avec nos amis d’un autre œil et duquel on ressort presque à regret.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site